Existe-t-il des prénoms « musulmans » ?

Existe-t-il des prénoms « musulmans » ? Pourquoi certaines personnes qui se convertissent, choisissent-elles de changer de prénom ?

Ces questions nous sont si souvent posées qu’il était nécessaire d’y répondre de manière claire et précise.

Avant toute chose, il faut savoir que durant la période préislamique, période désignant l’Arabie avant le VIIe siècle, les arabes avaient pour coutume d’appeler leurs enfants par des noms que l’ont pourrait aujourd’hui qualifier d’inappropriés voire de vils. Ainsi, ils leurs donnaient des noms d’animaux sauvages, tels que « corbeau » ou bien d’animaux domestiques qui dans l’imaginaire collectif avaient une connotation péjorative tel que « chien » ou encore des noms rudes comme « rocher » .

Sachant que le nom que l’on donne à un enfant est destiné à le mettre en valeur dans la noblesse de son caractère ou dans sa beauté physique, et qu’il doit contribuer à la construction de son identité. Pourquoi les arabes acceptaient-ils et encourageaient-ils cette pratique, tout en réservant les nobles prénoms à leurs serviteurs et esclaves ?

Pour répondre à ce questionnement, il faut se replonger dans un contexte où l’Arabie compte de nombreuses tribus qui se font perpétuellement la guerre notamment pour contrôler les points d’eau dans l’aridité désertique du territoire et que dans un monde clanique aussi hostile, tout ce qui peut concourir à dissuader ou effrayer l’ennemi est le bienvenu. C’est là que se trouve l’explication que nous recherchons, en effet dans cette vie rythmée par les razzias et les batailles ne pouvant être menées que par les « nobles » (la fierté et la virilité rendant inacceptable que l’honneur soit défendu par autre qu’un membre de la tribu elle-même, enfermant  les esclaves dans l’accomplissement de tâches ingrates) les noms devenaient l’une des armes utilisées pour terroriser l’ennemi en lui augurant une mort certaine. 

Dans son livre « Al-Ishtiqāq », Ibn Durayd rapporte un propos qui est explique et révèle la philosophie des Arabes en donnant des noms durs et vils à leurs fils : « On demanda à Al-‘Utba : Pourquoi les arabes donnaient ils des prénoms si laids à leurs enfant alors qu’ils en donnaient d’agréables à leurs esclaves ? Ce à quoi il répondit : parce qu’ils nommaient leurs fils pour leurs ennemis et qu’ils nommaient leurs esclaves pour eux-mêmes ! »

Pour finir, il n’existe pas de prénoms « musulmans » mais des prénoms dont les origines sont diverses. À titre d’exemple,  beaucoup de personnes d’origine arabe portent des prénoms – sans le savoir – dont les origines sont perses ou grecques. Chose on ne peut plus naturelle, étant donné que les deux grands empires qui régnaient et influençaient la péninsule arabique à l’avènement de l’islam étaient ceux des perses et des byzantins. Enfin, pour ce qui est du prophète de l’Islam – Muhammad – il avait demandé aux compagnons qui embrassaient l’islam de se débarrasser du nom qu’ils portaient si celui-ci avait une connotations déplaisante ou qu’il venait contredire l’unicité de Dieu.

En conclusion, un prénom n’a pas d’empreinte religieuse mais des origines et surtout un sens. C’est ce « sens » – pour les musulmans – qui le rend conforme ou non à l’islam qui considère comme inapproprié tout prénom avilissant. Par ailleurs, cette religion consacre de manière péremptoire les relations parents-enfants, les enjoignant à être envers eux – et quels qu’ils soient – « plein de miséricorde ». Il serait donc malvenu et contraire à l’islam de les insulter et qu’elle plus grande insulte que celle de renier un nom qu’ils ont si chèrement donné …